Découverte de la Bucovine

Les monastères de Bucovine

Situés à une centaine de kilomètres au nord de Tazlau, les monastères de Bucovine sont des trésors d'architecture religieuse. Ils sont inscrits par l'Unesco au Patrimoine Mondial de l'Humanité.

Le monastère de Humor

Dans les vastes forêts, au pied d'Obcinele Mari, le gouverneur Oanta a fait élever vers l'an 1400 un lieu de prière dont les ruines subsistent encore à proximité de l'actuel monastère de Humor, construit en 1530. La vie monacale fut interrompue en 1785 lorsque la Bucovine fut annexée à l'empire des Habsbourg.
Architecture : L'édifice est bâti selon un plan en forme de trèfle. L'élément caractéristique en est le porche garni d'arcades. Les façades offrent un magnifique jeu d'arcatures et de niches, les encadrement en pierre sont carrés et les fenêtres gothiques. La Tour de défense qui jouxte le monastère fut dressée en 1641 par Vasile Lupu.

La peinture intérieure : elle respecte le schéma iconographique accentuant le mouvement et l'humanisme des expressions (La Cène, l'hospitalité d'Abraham... ) Les icônes de facture byzantine (XVe siècle), les portraits des fondateurs et les pierres tombales sont remarquables.
La peinture extérieure : Ce sont les plus vieilles fresques en plein air de Bucovine, devant lesquelles on est émerveillé par la joyeuse orchestration des couleurs chaudes, où le rouge se détache avec éclat. La Vierge à l'enfant, le Jugement dernier s'offrent aux regards, baignés par la lumière tamisée provenant des arcades. Si le mur du nord a été en bonne partie abîmé par les intempéries, celui du sud est un vrai trésor. L'Hymne acathiste est notamment illustré par l'Hymne à Marie et la monumentale composition du Siège de Constantinople par les Turcs.


 Le monastère de Voronet

Sagement conseillé par le moine Daniil de Voronet à un moment de dures épreuves, Etienne le Grand décide de faire dresser en son honneur un monastère qui devait être lieu de prière. La construction fut terminée en trois mois et trois semaines de l'an 1488.
Architecture : Tel qu'il se présente aujourd'hui, le monastère de Voronet est une synthèse originale d'éléments byzantins (plan en forme de trèfle), gothiques (élancement vertical de l'édifice, arcs brisés, présence des contreforts) et strictement autochtones (clocher sur quatre arcs et base étoilée, petits ornements sous la corniche, frise de disques émaillés)
Peinture intérieure : Le naos et le sanctuaire conservent l'ensemble iconographique du temps d'Etienne le Grand, avec des personnages imposants dont la disposition scénique est peu répandue en Moldavie (Passion de Christ). La décoration du pronaos présente une abondance d'ornements et de figures qui semblent faire la liaison avec l'extérieur, en passant par le narthex où le Calendrier de l'Eglise et surtout Saint Ilie ont une fraîcheur naïve qui dénote un humour annonçant les icônes sur verre de Transylvanie.
Peinture extérieure : L'originalité de ces fresques réside dans le hardiesse de l'artiste qui a introduit dans la peinture religieuse des instruments de musique typiquement moldaves, tels que le bucium ou la cobza, des éléments du paysage local, des serviettes, des vêtements populaires, tout cela sur un fond bleu (le bleu de Voronet) qui est aussi célèbre que le Rouge du Titien ou le vert de Véronèse . Le Jugement Dernier occupe la façade ouest, dans une immense composition en cinq registres, unique dans l'art de l'Orient chrétien . La façade sud représente l'Arbre de Jessé et des portraits des philosophes antiques, considérés comme de vrais chefs d'oeuvre du genre. Près de l'entrée sont peints les portraits des fondateurs. Sur la façade nord, qui n'a pas été entièrement abimée par les intempéries, on peut voir Adam labourer et Eve tisser (Création du monde) ; les représentations du Pacte d'Adam et des Douanes célestes renvoient, elles, à des légendes folkloriques.


  Le monastère de Moldovita

Sur l'emplacement d'une vieille église en bois, Alexandre le Bon a fait dresser autour de 1410 une église fortifiée en pierre. Un glissement de terrain endommagea sérieusement la construction vers la fin du XVe siècle. C'est pourquoi le prince Petru Rares devait fonder le nouveau monastère en 1532 sur un terrain plus solide dans la vallée de la rivière de Moldovita.




Architecture : L'église a le porche ouvert ; elle conserve la fosse placée au-dessus de la chambre mortuaire, des niches aux absides et des petites ouvertures sous la corniche propres aux monuments érigés sous le règne d'Etienne le Grand. Les encadrements gothiques des fenêtres et des portes possèdent des arcs brisés.

Le plan de la construction est trilobé : la voûte du pronaos, élégante, s'appuie de manière originale sur huit arcs au lieu de quatre. Le mur de l'enceinte présente des remparts au-dessus du chemin de ronde et des tours de défense.

La peinture intérieure : La Crucifixion (naos) est considérée comme la plus importante réalisation sur ce thème des églises de Bucovine. La Vierge orante qui décore la voûte du pronaos est impressionnante par la richesse des éléments figuratifs et décoratifs, par l'éclat des coloris.
La peinture extérieure :  Elle date de 1537 et présente de nombreuses similitudes avec les fresques de Humor. Sur le narthex est peint le Jugement Dernier qui représente Mahomet parmi les hérétiques. Les fresques de la façade sud, remarquablement conservées, offrent l'Hymne acathiste et un impressionnant Siège de Constantinople. Toujours au sud, l'Arbre de Jessé se dresse entouré des chefs des 12 tribus d'Israël. Aux absides, le Cin (hiérarchie céleste et terrestre) est toujours représentée comme une expression de la liaison entre l'Eglise triomphante au ciel et l'Eglise combattante sur terre. L'unité des éléments byzantins et locaux, dans une interprétation typiquement roumaine des thèmes byzantins traditionnels, est remarquable.


Les monastères de Moldavie

Le monastère d'Agapia

  L'église du monastère a été fondée entre 1642-1644 et a été dédiée aux Archanges Michel et Gabriel. Elle a été peinte par Nicolae Grigorescu, peintre roumain renommé qui a suivi l'enseignement de l'école de Barbizon.












Autour du monastère se trouve le village monastique d'Agapia, où dans de petites maisons fleuries vivent environ deux cents sœurs moniales.

Le monastère de Varatec

Il se situe à quelques kilomètres du monastère d'Agapia ; son église a été dédiée à l'Assomption de la Vierge Marie.


Dans son cimetière se trouve la tombe de Veronica Micle, la bien-aimée de Mihai Eminescu (1850-1889), le poète national roumain.

Dans les ruelles calmes de ce village on voit souvent les silhouettes noires des soeurs. Blottie sous de vieux arbres se trouve la maison-musée de l'écrivain Alexandru Vlahuta qui conserve intacte entre ses murs l'atmosphère de la Roumanie du XIXe siècle.

 Le monastère de Neamt

C''est le plus grand monastère de la région. Il a été bâti en1497 dans le style moldave par le roi Etienne le Grand sur l'emplacement d'un couvent datant du siècle précédent. L'église du monastère a été dédiée à l'Ascension ; elle est parée à l'extérieur de briques et de disques émaillés et coloriés, de fausses niches et de fenêtres aveugles. Malheureusement peu de fresques d'origine ont été préservées, car l'intérieur de l'église a été repeint en 1830.
Dans le monastère existait une véritable école de traducteurs, de calligraphes et de miniaturistes renommés, qui copiaient et enluminaient des textes liturgiques pour les églises et les monastères du pays. Au début du XIXe siècle on y a installé une imprimerie où s'imprimaient de nombreux livres missels orthodoxes. On y trouvait aussi des ateliers de broderie, de peinture d'icônes sur bois, de sculpture sur pierre et sur bois.
Le monastère est très fier de sa bibliothèque de 11 000 volumes, parmi lesquels des manuscrits rares et un très intéressant musée de l'imprimerie où l'on peut admirer les premiers caractères en bois.



Le Musée Nicolae Popa



Paysan de Tarpesti, (département de Neamt), Nicolae Popa, né en 1919, a recueilli tout au long de sa vie une collection considérable de masques, de pièces d'art traditionnel, d'icônes, de peintures populaires, de sculptures en pierre et en bois.


Il n'est pas seulement un sculpteur doué, mais aussi un fécond créateur de folklore qui attire le village tout entier à l'occasion des fêtes traditionnelles.


Il confectionne également des costumes et surtout des masques pour ces fêtes, où il compose à l'improviste les vers particuliers à ces spectacles.








"Tout ce qui est ici, dans le moindre détail, nous laisse muets d'admiration... Nicolae Popa est un artiste sincère, inventif et frais dans le sentiment poétique avec lequel il " habille " les êtres et les choses. La naïveté ne doit pas être ignorance mais fraîcheur et simplicité. Ici j'ai compris combien l'art - sous toutes les formes - pouvait prendre sa valeur lorsque la foi et la sincérité sont aussi définies. Bravo ! " (Samuel Glotz, conservateur du Musée international du carnaval et du masque de Binche)

 







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